Une mesure de libre-échange – Les origines du mètre standard
Par Robert Yeo, traduit par Pierre Claudel, Aout 2024
Introduction
Un morceau de roquefort de 250 grammes acheté en France devrait avoir la même masse qu’un morceau de 250 grammes acheté à New York, bien que la version américaine soit étiquetée à 8 onces. Cette comparaison souligne l’importance de partager des spécifications claires dans le commerce moderne, mais cela n’a pas toujours été le cas. Pour comprendre les fondations du commerce moderne, il faut se tourner vers Napoléon Bonaparte, dont les actions ont contribué à établir les bases du libre-échange et de l’Union européenne actuelle.
Les origines du système métrique
Les prémices d’un système standardisé de poids et mesures remontent à 1668, lorsque l’évêque John Wilkins, fondateur de la British Royal Society, proposa un cadre de mesures. Selon les historiens, ces principes ont jeté les bases du système métrique actuel. L’adoption effective d’un système métrique eut lieu en France pendant la Révolution française, en réponse à la diversité des systèmes de mesure, qui constituait un obstacle au libre-échange. En 1793, une commission de l’Académie des sciences française déclara que l’unité standard de longueur s’appellerait « mètre », un mot dérivé du grec « metron », signifiant « mesure ».
Le "Mètre" - Une unité réalisable
Pour que le nouveau système fonctionne, une mesure de base devait être définie. L’Académie des sciences recommanda que le mètre soit égal à un dix-millionième de la distance sur un méridien entre le pôle Nord et l’équateur. Cette définition fut acceptée par l’Assemblée nationale française en 1791. Pour déterminer la longueur du mètre, une enquête fut confiée en 1792 aux astronomes français Delambre et Méchain, qui voyagèrent de Dunkerque à Barcelone. Ce travail fut achevé en 1798. En décembre 1799, Napoléon rendit le système métrique obligatoire en France. Le système métrique, créé « pour tous les hommes, pour tous les temps », venait de naître. Égalitaire ? Assurément. Universel ? Pas totalement.
La Grande-Bretagne traînée vers l'ère métrique
La Grande-Bretagne adopta le système d’unités impériales standard en 1845, et la transition vers le système métrique fut décidée dès 1965. L’Union européenne publia la directive sur les unités de mesure en 1979 pour instaurer un système commun de poids et mesures, favorisant ainsi le libre-échange. Bien que le Royaume-Uni ait terminé sa transition légale vers les unités SI en 1995, certaines unités impériales sont encore officiellement sanctionnées. Par exemple, la bière pression doit être vendue en pintes, les distances sur les panneaux routiers doivent être exprimées en yards et en miles, et les limitations de vitesse doivent être indiquées en miles par heure.
Quelles conséquences possibles ?
L’importance d’un système uniforme de poids et mesures fut reconnue aux États-Unis dès 1790, lorsque le président George Washington soumit cette question à son secrétaire d’État, Thomas Jefferson. Cependant, pour diverses raisons politiques et pratiques, les États-Unis ont conservé le système impérial britannique jusqu’à aujourd’hui. Ceux qui travaillent régulièrement avec des fournisseurs américains se familiarisent avec les conversions entre les mesures impériales et les unités métriques ou SI. Néanmoins, ces conversions peuvent parfois causer de graves erreurs.
Prenons le cas du satellite climatique de Mars. Ce vaisseau spatial fut perdu en 1999 après s’être écrasé sur Mars en raison d’une confusion entre les unités impériales et métriques. Le logiciel de navigation de l’engin, développé par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, supposait que les données sur l’impulsion des propulseurs seraient fournies en Newton-secondes métriques. Cependant, l’entrepreneur ayant construit l’Orbiter donna les valeurs en unités impériales de livres-force-secondes, ce qui causa une mauvaise interprétation de l’impulsion, soit environ un quart de la valeur nécessaire.
Un autre exemple de confusion métrique concerne un Boeing 767 d’Air Canada, qui, en juillet 1983, gagna le surnom de “Gimli Glider” après être tombé en panne de carburant à 41 000 pieds (soit 12 500 mètres). Heureusement, l’équipage parvint à faire planer l’avion jusqu’à une ancienne base aérienne à Gimli, au Manitoba. Le Canada avait récemment adopté le système métrique, et une erreur humaine entraîna un mauvais calcul de la quantité de carburant nécessaire pour le vol.
Métrologie de la lumière
Cela nous amène à la photométrie et à la mesure de la lumière, un domaine dans lequel Pro-Lite, est spécialisée. Les confusions entre unités impériales et métriques sont rares, et, en tout état de cause, les conséquences d’une erreur ne sont pas graves. Cependant, nous constatons fréquemment des malentendus dans les paramètres utilisés pour décrire les performances des sources lumineuses. Il n’est pas rare que l’on nous demande de mesurer la « luminosité » d’une LED, mais le problème est que ce terme n’a pas de signification précise dans ce contexte. On pourrait l’interpréter comme le flux lumineux total de l’émetteur (mesuré en lumens) ou comme l’intensité lumineuse (en candelas). Peut-être le client en a-t-il une autre compréhension. Étonnamment, ce problème semble répandu, ce qui explique pourquoi tant de scientifiques et d’ingénieurs s’inscrivent à notre atelier de formation sur la mesure pratique de la lumière.
L’atelier de Pro-Lite se penche également sur la question de savoir pourquoi une corrélation complexe est souvent utilisée pour décrire l’efficacité des lampes dites « économes en énergie ». Les spécifications imprimées sur l’emballage d’une lampe fluorescente compacte (LFC) peuvent indiquer : « cette LFC de 12 W a la même puissance qu’une ampoule de 60 W ». Premièrement, c’est inexact ; une LFC de 12 W a le même flux lumineux qu’une lampe à incandescence de 60 W. Deuxièmement, il existe une unité parfaitement valide, le lumen, que nous devrions utiliser directement. En d’autres termes, une LFC de 12 W produit le même nombre de lumens qu’une lampe à incandescence de 60 W. C’est pourquoi la directive européenne sur l’efficacité énergétique exige que les fabricants spécifient les lampes en termes de lumière émise (flux lumineux en lumens) plutôt qu’en termes de puissance électrique dissipée (watts). Afin de mesurer les lumens d’une source lumineuse, Pro-Lite propose des sphères intégrantes de haute technicité Pro-Lite.fr/mesure de la lumière
Conclusion
Pour conclure, je citerai Lord Kelvin : « lorsque vous pouvez mesurer ce dont vous parlez et l’exprimer en chiffres, vous en savez quelque chose ». Et pour terminer je vous partage un tableau de correspondance entre les unités métriques et impériales :
| Système Métrique | Système Impérial | Coefficient de Conversion |
|---|---|---|
| Mètre (m) | Pied (ft) | 1 m = 3,2808 ft |
| Kilomètre (km) | Mile (mi) | 1 km = 0,6214 mi |
| Centimètre (cm) | Pouce (in) | 1 cm = 0,3937 in |
| Kilogramme (kg) | Livre (lb) | 1 kg = 2,2046 lb |
| Gramme (g) | Once (oz) | 1 g = 0,0353 oz |
| Litre (L) | Gallon (gal) | 1 L = 0,2642 gal |
| Millilitre (mL) | Once liquide (fl oz) | 1 mL = 0,0338 fl oz |
| Hectare (ha) | Acre | 1 ha = 2,4711 acres |
| Newton (N) | Livre-force (lbf) | 1 N = 0,2248 lbf |
| Joule (J) | Pied-livre (ft·lbf) | 1 J = 0,7376 ft·lbf |
Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_m%C3%A8tre


